Informations sur le franc :

Source : wikipedia 11/01/2014

Le franc sous l'ancien régime :

Le franc n'est pas la monaie principale sous l'ancien régime, mais c'est la livre, ou livre tournois.

Deux livres surtout se sont imposées durant l'Ancien régime : la livre parisis, et la livre tournois, 4 livres parisis valait 5 livres tournois. Ce n'est qu'en 1667 que la livre parisis sera définitivement supprimée et, à partir de 1720, toute ambigüité ayant disparu, la livre tournois peut se laisser appeler simplement la livre.

Une livre valait 20 sous, et un sou valait 12 deniers, soit 240 denier pour une livre. Ce système duodécimal (1 livre = 20 sous) date de Charlemagne (781). D'autres monnaies secondaires furent crées à partir de la livre, du sou et du denier: écu (3 livres, louis (60 sous soit 3 livres), gros tournois (12 deniers soit 1 sou), double tournois (2 deniers), liard (3 deniers), maille (1/2 denier).

L'équivalence or de la livre a évoluée dans le temps: de l'ordre de 4,5 g d'or vers 1340 à 0,3 g d'or à la Révolution Française, avec un minimum de d'environ 0,15 g d'or en 1720 : effondrement de la Banque Royale qui avait commencé à émettre des billets en livres tournois à partir de 1701.

Les premiers "francs" furent frappés à Compiègne le 5 décembre 1360 pour payer la rançon du roi Jean II de France, capturé par les Anglais le 19 septembre 1356 à la bataille de Poitiers. Pour ce faire, le roi fit fabriquer une nouvelle pièce, un écu d'or, dénommée plus tard le franc à cheval, pesant 3,87 grammes d'or fin équivalant à une livre tournois ou 20 sols. Le roi y est représenté sur un destrier, armé d'un écu à fleur de lys et brandissant l'épée, avec, inscrit dans la légende, le terme "Francorum Rex", c'est-à-dire Roi des Francs. Dans l'une des trois ordonnances édictées le 5 décembre 1360, Jean II écrit : "Nous avons été délivré à plein de prison et sommes franc et délivré à toujours (...). Nous avons ordonné et ordonnons que le Denier d'Or fin que nous faisons faire à présent et entendons à faire continuer sera appelé Franc d'Or". Le mot "franc" signifiant également "libre" (ou "affranchi"), il est donc probable que le nom de cette nouvelle monnaie vienne de cette double signification.

À partir de cette date, le "franc" et certaines subdivisions (demi-franc, quart-de-franc) existent en parallèle des livres et écus jusqu'en 1640. Le 31 mai 1575, le roi Henri III fait frapper un franc d'argent de 14,18 g titrant 606/1000 d'argent fin et valant 20 sols et quatre deniers, soit d'une valeur légèrement supérieure à la livre tournois. En 1586, Henri III édicte une ordonnance interdisant la frappe des francs d'argent. Seules les subdivisions peuvent continuer à être frappées. Louis XIII décide de réformer le système monétaire en 1640 et le franc devient alors une monnaie désuète. Cependant, le terme "franc" reste vivace dans les esprits, certains l'employant pour "livre".


Le franc sous la Révolution Française :

La loi du 18 nivôse an III (7 janvier 1795) permet l'émission des premiers assignats libellés en francs. Suit la loi sur l'Instruction publique du 18 germinal an III (7 avril 1795), qui fixe la nomenclature définitive des nouvelles mesures républicaines (le mètre, l'are, le stère, le litre, le gramme), et décide que l'unité monétaire officielle de la France est le franc, valant une ancienne livre. Sa contenance est de 5 grammes d'argent. La loi confirme le système décimal qui avait été donnée par la loi du 1er août 1793 adoptant le système métrique : un franc est subdivisé en 10 décimes ou 100 centimes, mais les pièces prévues ne seront jamais frappées. Il faut attendre 1796 pour voir apparaître les premières pièces en franc.

Avec la loi du 28 thermidor an III (15 août 1795), le franc devient l'unité monétaire française. Elle va préciser les caractéristiques des nouvelles pièces d'argent. Le poids de la pièce de un franc est fixé à cinq grammes d'argent au titre de neuf dixièmes de métal pur (0,900/1000), soit un poids de 4,5 grammes, ce qui permet de retrouver un poids pratiquement égal à celui donnée à la livre depuis la réformation de 1726 (4,50516 grammes).

La loi du 25 germinal an IV (14 avril 1796) donne les équivalences livre/franc : la livre tournois pèse 4,50516 grammes d'argent, et le franc 4,50 grammes d'argent fin. Le franc vaut donc officiellement 1 livre tournois 0 sol et 3 deniers (inversement, 1 livre = 0,9877 franc).

La loi des 16-17 floréal an VII renverse le principe de la primauté de la livre tournois, et impose d'évaluer les monnaies royales en francs et centimes. Elle oblige les comptabilités et stipulations à être établies en francs à dater du 1er vendémiaire an VIII.


Le franc Germinal (franc-or) :

En 1800, la Banque de France est créée. La loi du 17 germinal an XI (7 avril 1803) institue le bimétallisme : 1 franc = 0,3225 g d'or à 900/1000ème (soit 0,29025 g d'or fin) ou 5 g d'argent, instituant un rapport d'échange entre or et argent de 1/15,5. L'argent revient à l'honneur (pièces de ¼, ½, 1 franc, 2 francs, 5 francs), mais il est aussi frappé pour la première fois des pièces de 20 et 40 francs en or, d'où l'appellation de "franc-or" qui s'imposera au milieu du XIXème siècle.

La Banque de France devient l'institut d'émission privilégié, ainsi que ses succursales. Elle fait fabriquer les premiers billets de banque en franc français.

Le 23 décembre 1865 le titrage des pièce en argent est abaissé et passe à 83,5 %, au lieu de 90 %. Le franc germinal ou franc-or est une monnaie très stable jusqu'en 1914. De 1803 à 1928, le franc-or fixé à 0,3225 g soit 0,29025 g d'or fin, constitua l'unité monétaire nationale.


Le franc Poincarré :

Dès août 1914, avec l'entrée en guerre donc, le franc français cesse d'être convertible en or. Les cours de change à taux fixe sont, durant le conflit, de moins en moins tenables et on assiste à l'apparition des changes flottants. En avril 1920, le franc avait déjà perdu près de 70 % de sa valeur vis-à-vis du dollar par rapport à la parité d'avant-guerre.

Entre 1919 et 1928, après le Traité de Versailles qui prévoyait des réparations de guerre par l'Allemagne, on estimait possible le retour du franc à sa valeur d'avant 1914. Mais entre 1925 et 1926, les prix vont doubler. Le franc ne vaut plus qu'un dixième de sa valeur d'avant guerre.

Peu avant la victoire d'un gouvernement d'union national dirigé par Poincaré en novembre 1928, on fit le choix de la dévaluation le 25 juin. Le franc Poincaré fut alors mis en place : il valait 1/5 du franc germinal et représentait 58,95 milligrammes d'or fin. Cette dévaluation mit fin à l'illusion d'un retour au franc de la Belle Époque.

Le franc connaît par la suite de nouvelles attaques sur le marché (1931, 1934) puis en 1936 et 1938, le gouvernement du Front populaire décide deux dévaluations progressives de 35 et 25 % pour, entre temps, abandonner en octobre 1936, la convertibilité en or. La veille de la guerre, le franc Poincaré avait perdu 75 % de sa valeur depuis 1928.


Seconde guerre mondiale :

Pendant l'occupation allemande, les billets destinés aux armées et des pièces allemandes circulèrent sur le sol français. Par ailleurs, le 17 mai 1940, l'Allemagne impose un taux de convertibilité entre le franc et le reichsmark de 20 contre 1, alors qu'il était de 11 contre 1 en 1939.

Sous le régime de l’État français de juillet 1940 à août 1944, seuls l'aluminium, le zinc, puis le fer (1944) furent utilisés pour les pièces. Des tickets de rationnement, troc et monnaies de nécessité firent leur apparition. Entre septembre 1939 et août 1944, les prix furent multipliés par 2,7621. Sur les marchés noirs français, on vit le dollar atteindre 288 F et la livre sterling 785 F en août 1944.


IVème République :

Le 26 décembre 1945, la France ratifie les accords de Bretton Woods : la convertibilité en or est suspendue pour toutes les monnaies sauf pour le dollar américain, lequel devient la monnaie de référence dans le cadre du Fonds monétaire international (FMI) et le Gold-Exchange Standard. Toutes les monnaies sont définies en dollar et seul le dollar est défini en or sur la base de 35 dollars par once d'or. Le jour même, le franc est dévalué de 60 %. Le dollar s'établit à 119,10 F, soit pour un franc l'équivalent de 7,46 mg d’or fin.

Le 25 janvier 1948, le franc est de nouveau dévalué de 44,40 %. Le cours du dollar grimpe de 119 à 214 francs. Début 1949, le rationnement prend fin et le 27 avril, le franc est dévalué de 22,27 % et le dollar américain dépasse les 300 F.


Vème République : le nouveau franc

Revenu au pouvoir le 1er juin 1958, le général de Gaulle confie à Antoine Pinay et à Jacques Rueff la mission de créer un "franc lourd". En parallèle, une nouvelle dévaluation de 17,5 % du franc est décidée, la septième depuis la Libération, qui fait que le franc, par rapport au dollar américain, équivaut à 1,8 milligramme d'or soit un peu plus de 400 F.

Le 27 décembre 1958 est créé le "nouveau franc" valant 100 "anciens francs". Le nouveau franc fut parfois appelé franc Pinay et, plus rarement, franc de Gaulle. Le 1er janvier 1960 sont mis en circulation les nouvelles pièces et billets. Avec cette réforme, De Gaulle et Pinay restauraient un franc de prestige, équivalant à 180 mg d'or fin, soit 62 % du franc germinal. En 1963, le nouveau franc est de nouveau appelé "franc".

Entre 1963 et 1969, le franc connaît une période de relative stabilité. Le 8 août 1969, le franc est dévalué de 11,1 % (sa valeur est portée de 180 mg d'or fin à 160 mg). En 1970, à l'instar de la plupart des pays occidentaux, la France abandonne l'émission de pièce en argent de 5 francs pour la remplacer par un alliage en cuivre-nickel.

Le 15 août 1971, les États-Unis suspendent la convertibilité du dollar en or : c'est la fin du système institué par les Accords de Bretton Woods. Le 10 avril 1972, le Serpent monétaire européen (SME) est créé par l'accord de Bâle qui institue le change flottant : toutes les monnaies signataires - formant un "panier" - sont autorisées à varier à la hausse comme à la baisse dans les limites de 2,5 %. Le SME préfigure la future monnaie européenne.

Le Premier choc pétrolier, en octobre 1973, fi passer l'inflation à deux chiffres. Le Gouvernement laisse le franc flotter à la baisse puis quitter le SME. En janvier 1976 sont signés les Accords de la Jamaïque qui mettent définitivement un terme au taux de change à parité fixe. Au début des années 1980, le franc connaît trois dévaluations : en octobre 1981 de 3 % ; en juin 1982 de 5,75 % ; puis en mars 1983 de 2,5 %. Ce seront les dernières dévaluations de l'histoire du franc.


Passage à l'Euro

Le sort du franc est scellé par la ratification du traité de Maastricht en 1992, prévoyant une monnaie unique gérée par la Banque centrale européenne.

À partir du 1er janvier 1999 le franc est remplacé par l'euro dans le cadre des transactions bancaires (finance, cartes bancaires et chéquiers) puis, le 1er janvier 2002, les pièces et billets libellées en franc sont remplacées par leurs équivalents en euro. Le taux de conversion est fixé à : 6,55957 FRF = 1 euro.